La vienous réserve de si bonnes et de si mauvaises surprises.
Après le décès de mon beauf et tout son flot d'émotions, bien normal que je me sente patraque, pas dans mon assiette.
Mais au lendemain de ce mauvais cauchemar, j'ai de sérieux doutes: ne serais- je pas enceinte?
Pas question d'attendre pour en savoir plus, après la manif du 19 mars, je passe par la pharma pour test de grossesse.
De retour à la maison, je fais vite le test: positif.
Bon, mille pensées se bousculent dans ma petite tête:
..... J'ai 41 ans, est-ce bien raisonnable.....
..... J'ai déjà 3 mômes...... Je m'étais dit que pour moi c'était bouclé......
..... Ce n'est pas le bon moment car après la mort de mon beauf, mon ptit homme est tout perdu et tout malheureux.... il essaye déjà de gérer son deuil.....
..... Je finis par me dire que le plus raisonnable est peut-être de ne rien dire à personne et de faire une IVG. oui, je sais c'est horrible, mais pensez bien au contexte.
Et puis finalement, je me dis que non, c'est dégueulasse de faire ça, que je dois au moins lui en parler à lui.
Ce que je fais le soir même.
La scène se passe en voiture, je suis un peu gênée d'en parler car je sais qu'il pense sans arrêt à son frérot.
Je me jette à l'eau, car c'est moi qui conduit et que donc je sais que je maîtrise bien le volant et que je ne vais pas perdre le contrôle.
Et là, un énorme sourire traverse son visage, mais vraiment énorme-- et là de nouveau mille pensées me traversent.
Je lui explique bien tout: les risques, ce que ça va changer pour nous, pour lui, mes craintes....
Aucun doute en ce qui le concerne: le soir même il fait les cent pas dans la chambre, comme s'il attendait la naissance imminente... Ca nous fait rire.
Depuis un mois, je me rends compte que je grossis vraiment très vite. J'ai dû faire une écho pour dater la grossesse, car impossible de me souvenir de mes dernières règles.
A l'écho, je demande à la dame: c'est quoi ces deux tâches, là....
Et là, elle me dit: Oui, en effet, je crois bien que ce sont des jumeaux... GLOUPS Le soir même, je dois vite le dire à mon chou car il y a plein de monde à la
maison. Je le chope dans un coin. Je vois ses yeux rouler à l'intérieur de ses orbites, j'imagine sans peine ce qui se passe dans sa cafetière: une explosion volcanique.
Il sourit, il rit, il est heureux.
Je sais que ce n'est pas si simple pour lui: deux sentiments très fort se succèdent sans arrêt: la joie, et la peine, le manque, de son frère.
Je lui dis quand même de ne pas s'emballer... Tout peut bien se passer, mais voilà, il y a quand- même plusieurs facteurs à risques: plus de 40 ans, et jumeaux, donc également plus de
risques de fausse couche, de complications.....
Et voilà qu'hier, ça commence: des saignements subits nous font passer la soirée aux urgences.
On craint la fausse couche....
Nous rentrons quelques heures plus tard sans plus de certitudes, si ce n'est que les deux bébés sont toujours en place, qu'ils respirent bien et qu'on ne sait pas d'où vient ce sang:
peut-être ceci, ou cela...blablabli et blablabla
Je vais rester bien tranquille les jours qui viennent, je peux vous le garantir.
Pendant que je me faisais observer par le gygy aux urgences, je pensais à mon pauvre souchi qui fumait clope sur clope dehors, la peur au ventre, et me disais qu'il en a assez chié comme ça,
que j'ai tant envie de lui offrir ce bonheur, et non pas un autre malheur.
Il a quand même essayé de me faire rire.
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